Pushkar, la blanche et Jodhpur, la bleue

Dans le train pour Pushkar, nous apprécions une nouvelle fois la convivialité et l’hospitalité de certains indiens. Un homme, qui parle un bon anglais, discute avec nous pendant une bonne partie du trajet. Il travaille à l’Indian Railways (l’équivalent de la SNCF en Inde) et appartient à une classe plutôt aisée vu le nombre de maisons qu’il possède. Arrivés à Ajmer, il nous aide à trouver un bus vers Pushkar ce qui nous permet de payer seulement quelques roupies, au lieu du prix “touriste”. Nous attendons le bus presque une heure mais notre compagnon de train reste avec nous pour être sûr que nous montions dans le bon véhicule. Son aide ne sera d’ailleurs pas négligeable quand le bus arrive enfin et qu’une cohue d’une vingtaine de personnes se précipite à ses portes… Notre ami indien passe nos sacs par la fenêtre à des passagers du bus pendant que nous essayons de jouer des coudes pour monter. Le trajet est rapide et nous arrivons enfin à Pushkar, une mignonne petite ville toute blanche, lovée autour d’un lac et dominée par des collines.

En plus d’être un haut-lieu de la religion hindou, Pushkar est célèbre pour sa fameuse foire aux chameaux qui a lieu tous les ans en novembre, et qui est considérée comme la plus grande du pays. Même si nous ne sommes pas à la bonne période, on croise des chameaux à chaque coin de rue.

Après la sieste réglementaire pour éviter les grandes chaleurs, je pars explorer les environs. Je grimpe au Savitri, un temple perché sur une colline au sud-ouest de la ville. Pendant la grimpette d’une bonne quarantaine de minutes je croise plein de singes qui me font presque rebrousser chemin. Ils sont installés en travers du passage par dizaines, et ceux qui ont des enfants sont très agressifs pour protéger leurs progénitures.

Arrivé en haut le panorama est à couper le souffle. On distingue bien le lac carré entouré de la ville, dont tous les bâtiments sont peints en blanc.

Et tout autour, le désert…

Le lendemain je me réveille avec une petite surprise. Je n’ai pas très bien dormi car j’avais comme des démangeaisons pendant la nuit. En me levant je comprend mieux pourquoi, je suis “mitraillé” de petits boutons rouge dans le dos, alignés par série de trois ou quatre. Puces, punaises de lit? Géraldine qui a dormi dans le même lit n’a rien! Par précaution, la propriétaire de l’hôtel nous propose de changer de chambre même si la propreté du lit n’avait rien de suspecte…

Tout en me grattant dans tout les sens, je pars me promener sur les berges du Lac avec Géraldine. A l’aurore, les Ghats (quais du lac) sont le théâtre de rituels religieux en tout genre : offrandes, ablutions, prières. On retrouve l’ambiance très spirituelle de Varanasi. En revanche, ici, les photos sont interdites ce qui n’est pas plus mal pour la tranquillité des pèlerins. Pour vous donner une idée, voici une représentation du lieu en peinture.

Nous profitons du reste de la journée pour nous promener dans la ville et apprécier les scènes de la vie quotidienne.

La journée du 11 mai est une journée de transit. Nous regagnons Ajmer en bus puis prenons le train pour Jodhpur. Nous y arrivons avec 2h30 de retard, c’est à dire vers minuit, ce qui ne nous réjouis pas trop car nous n’avons nul part où dormir! Nous repérons une adresse dans le routard et demandons à un chauffeur d’auto-rickshaw de nous y emmener. Il acquiesce mais nous emmène en réalité dans un autre hôtel (tenu par sa tante, comme par hasard) en prétextant que l’hôtel de notre guide est fermé…Le coup classique! Nous discutons longuement avant qu’il accepte de nous emmener à l’endroit convenu initialement. Bon…il se trouve que l’hôtel est réellement fermé, voir même abandonné 😦 Sachant qu’on est en pleine nuit, que les rues sont désertes et que tout est fermé on retourne finalement chez la tante du chauffeur qui s’avérera être plutôt sympathique.

Après une bonne nuit de repos, nous profitons de la terrasse pour prendre le petit déjeuner en admirant le fort de Mehrangarh.

Comme nous sommes les seuls clients de l’hôtel, le restaurant n’est pas ouvert mais la gérante nous propose de partager avec nous le repas qu’elle prépare pour sa famille, ce que nous acceptons volontiers. Nous l’aidons un peu pour la cuisine ce qui nous permet d’apprendre quelques techniques indiennes. La femme est jaïne ce qui lui interdit de consommer de la nourriture qui n’a pas été préparée le jour même. Tout est donc préparé en direct, sous nos yeux. Comme à chaque repas depuis que nous sommes en Inde, nous nous régalons.

Nous partons visiter la vieille ville dans l’après-midi.

En fin de journée, nous sommes interrompus par un orage accompagné d’une petite tempête qui soulève des nuages de poussière et rend les rues impraticables.

Le lendemain, forts de notre petite expérience en cuisine, nous décidons de prendre des vrais cours de cuisine indienne. Nous nous rendons au rendez-vous mais la prof de cuisine officielle n’est pas là et c’est sa sœur qui la remplace. Dans les cinq premières minutes nous comprenons que la femme n’a jamais donné de cours de cuisine, et même peut-être jamais cuisiné de sa vie !! C’est la cata et nous essayons de l’aider sans trop la vexer. Nous mangeons ensuite le biryani qu’elle a essayé de nous cuisiner mais les oignons sont brûlés, le riz n’est pas cuit et l’assaisonnement est à revoir. Nous fuyons dès qu’on peut…et passons manger au resto !

L’après-midi est plus intéressante, nous nous rendons au fort de Merhangarh, qui surplombe la ville.

La forteresse a été construite en 1459 par Rao Jodha, qui a donné son nom à la ville (Jodhpur). Nous prenons un audioguide pour profiter au maximum de la visite.

L’intérieur comme l’extérieur est finement décoré, de quoi héberger dignement les Maharajas qui vivaient ici jusqu’au début du XXème siècle.

Mais le clou du spectacle, c’est le panorama sur la ville bleue offert du haut des remparts. Je dirais même plus, la vue est canon 😉

Les couleurs ne sont pas sans rappeler les îles grecques.

Après les habituelles séances photos suite aux sollicitations des touristes indiens, nous redescendons à pied vers la ville. Nous traversons des rues pas très clean, mais où les vaches semblent se sentir à l’aise, même si la paille est remplacée par un tapis de déchets.

Nous passons une bonne partie de la soirée dans la gare car notre train ne part qu’a 23h45 et nous avons rendu notre chambre d’hôtel depuis midi, mais ce n’est pas un souci: dans les gares indiennes on ne s’ennuie jamais, observer le fourmillement incessant des passagers est une occupation à temps plein!

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